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Tokugawa Ieyasu, shôgun suprême Details
Ieyasu, le célèbre chef de guerre, bâtisseur de la ville d'Edo {devenue Tokyo) et premier shogun de la dynastie des Tokugawa qui dirigea le Japon de 1603 à 1867, n'avait probablement pas dès l'origine une telle ambition. Fils aîné du maître du Mikawa, une petite province prise en étau par les puissants clans Oda et Imagawa, il passe une grande partie de son enfance comme otage chez les premiers puis les seconds. Il retrouve la liberté à quatorze ans et épouse une femme proche des Imagawa. En 1560, il s'allie à Oda Nobunaga, lui apporte un précieux soutien dans sa politique d'expansion territoriale et lui témoigne une loyauté indéfectible au point de faire exécuter sa femme et ordonner à son fils aîné de se faire seppuku. Ieyasu est un homme rustique, peu curieux des goûts raffinés des nobles de la capitale, il a toutefois les qualités d'un guerrier patient et rusé. Il modifie souvent ses alliances au moment où cela l'arrange Il s'allie d'abord à Takeda Shingen, à qui il voue une véritable admiration, puis change d'avis et cause la mort de Shingen et de son fils. En 1586, Ieyasu fait allégeance à Hideyoshi après l'avoir affronté à la bataille de Nagakute... C'est le portrait de l'un des trois plus grands seigneurs de guerre de l'histoire du Japon qui est brossé dans cette saga très documentée. Un grand roman épique où les valeurs chevaleresques et le code d'honneur des samouraïs croisent les intrigues politiques et les conspirations les plus perfides dans une lutte effrénée pour le pouvoir. Shiba Ryôtarô (1923-1996) est considéré au Japon comme le maître du roman historique d'après-guerre. Révélé en 1959 par Fukurô no shiro (Le Château des hiboux), qui obtient le prestigieux prix Naoki, il renouvelle le genre en l'enrichissant d'une véritable dimension érudite. Auteur de centaines d'essais, de récits et de romans historiques, prépubliés en feuilletons et suivis par des millions de lecteurs, il rencontre un immense succès qui a fait de lui l'un des auteurs japonais les plus populaires de la seconde moitié du XXe siècle.

Reviews
A ma connaissance, il n'y a pas de biographie de Ieyasu disponible en Français. Rien que ce fait justifie les 5 étoiles.Il s'agit d'une traduction de l'ouvrage écrit en Japonais en 1973 où, fidèle à son habitude, Shiba Ryotarô ne se livre pas à l'exercice rigoureux d'une biographie historique mais tend plutôt vers le roman. Il prête aux personnages des paroles, des réflexions et des intentions dont on ne peut être sûr et qui rendent le roman à la fois critiquable et plaisant à lire.Ce livre raconte la jeunesse et la montée en puissance de Ieyasu jusqu'à ce qu'il devienne un puissant daimyo dans un Japon dominé par Toyotomi Hideyoshi. Il consacre entre autres beaucoup de temps à décrire la confrontation militaire et diplomatique entre les deux hommes. Il passe enfin aux derniers jours d'Ieyasu et, c'est un peu frustrant, occulte la bataille de Sekigahara, l'accession au titre de shôgun et le siège d'Osaka.Il faut remarquer que si l'on compare la biographie consacrée par Shiba à Hideyoshi (parue en 1966 au Japon et disponible en français chez le même éditeur (Hideyoshi, seigneur singe)) et la présente, il y a une anomalie étrange: en effet, dans le présent roman, avant la confrontation militaire entre les deux hommes, Ieyasu ne connaît Hideyoshi que de réputation alors que dans la biographie de Hideyoshi, Ieyasu sauve Hideyoshi d'un mauvais pas lors d'une campagne d'Oda Nobunaga. Shiba a dû oublier cet épisode historique entre les écritures de ces deux biographies. De façon générale, Shiba dépeint Ieyasu comme un homme rigoureux, certes intelligent mais dénué de génie et compare souvent ce manque de génie aux actes géniaux de Nobunaga et Hideyoshi. C'est peut-être là que la bât blesse un peu. Une fois de plus, Hideyoshi a la faveur des historiens (je remarque que Shiba est né à Osaka). Cette interprétation ne résiste pourtant pas à l'examen des faits. Hideyoshi a toujours pu profiter de grandes armées (d'Oda ou de son propre clan) pour remporter ses victoires alors que Ieyasu a tout connu (victoires, défaites) en étant, presque toujours en début de carrière, en infériorité numérique. On présente Hideyoshi comme un homme parti de rien mais Nobunaga lui a très vite tout donné (peut-être à juste titre) alors qu'Ieyasu, bien que né samurai, a connu la vie d'otage et a fait grandir son clan peu à peu. Enfin, c'est sa patience qui lui a permis d'inscrire ses actes dans la continuité et la postérité. Bref, il a réussi là ou les autres ont échoué. Certes avec un peu de scélératesse, mais, et c'est bien reconnu dans cet ouvrage, pas plus que les autres. Bref, cette comparaison avec Hideyoshi est un peu pesante par moments et fait preuve d'un léger parti pris, très tolérable néanmoins.C'est la troisième biographie d'Ieyasu que je lis (remarque : j'en ai lu trois de Hideyoshi aussi). Celles de Totman et Sadler sont très différentes l'une de l'autre ; celle-ci est différente des deux premières. J'ai appris des anecdotes et faits nouveaux. Donc je la conseille vivement à tout amateur de récits sur cette époque.J'espère aussi que des traductions en français des livres de Shiba consacrés à Nobunaga et à la bataille de Sekigahara nous seront bientôt proposées (à bon éditeur salut !).


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