Category: Livres,Folio,Auteurs de A à Z

Le liseur (Folio t. 3158) Details

À quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l'un de leurs rites consiste à ce qu'il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain.Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de ses études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l'insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais.Il la revoit une fois, bien des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : "Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération (...) que j'aurais moins bien su camoufler que les autres ?"

Reviews

La lecture des (très nombreuses) critiques sur Internet souligne le succès de ce livre, la variété des sentiments qu'il suscite et surtout la diversité des questions, toutes difficiles, qu'il aborde sous un format relativement court : la responsabilité, la culpabilité, le respect, la morale, le droit, le courage, le pardon, la rédemption. Sa force est précisément de ne pas y apporter de réponse définitive.Pour beaucoup, ce livre porte d'abord sur le nazisme, la responsabilité et la culpabilité de ceux qui ont participé aux crimes du régime. Le personnage d'Hanna est l'occasion d'éviter les images simplistes sur les méchants tortionnaires.De façon plus profonde, c'est un libre sur le difficile positionnement des enfants de la « génération Hitler ». Avons-nous une responsabilité collective pour les crimes posés contre l'humanité par les générations qui nous ont précédées ?Mais réduire Le liseur à la question du nazisme, c'est le réduire à sa deuxième partie.Le liseur c'est aussi dans sa première partie un très beau roman d'amour, une évocation sobre et sensuelle de la beauté du corps, une exaltation de l'amour physique dans sa plénitude. On est bien loin des couvertures sordides de magazine porno ! A faire lire aux adolescents pour les aider à mettre des mots sur ce désir souvent difficile à contrôler et à expliquer ?Le liseur c'est 'le drame de l'illettrisme, la vulnérabilité de celui qui ne sait ni lire ni écrire, désespéré qu'il est d'éviter la honte de sa condition d'analphabète.Et je voudrais enfin rendre justice au narrateur que certains qualifient de froid ou de lâche. A mes yeux, Michaël a fait une rencontre qui a marqué et bouleversé sa vie entière sans rémission, a éprouvé trop jeune une passion trop forte (voir le chapitre 1 de la 2ème partie). Ces souvenirs jamais surmontés, ces promesses et espoirs non tenus par la vie l'ont stérilisé sur le plan affectif. C'est dérangeant, ça paraît presque trop mais il y a bien là à mes yeux une des clés du personnage.Ajoutez à cela une fin particulièrement bouleversante et ces destins détruits laissent un goût de cendres dans la bouche.A lire pour réfléchir et pour souffrir avec les deux héros.