Category: Livres,Romans et littérature,Autres littératures étrangères

Ivresse de la métamorphose Details

Dernière oeuvre de Stefan Zweig, non publiée de son vivant, ce véritable testament romanesque nous transporte dans l'Autriche de l'entre-deux-guerres, déjà convoitée comme une proie par l'Allemagne nazie.Christine, modeste employée des Postes, a vu mourir son père et son frère. L'invitation impromptue d'une tante d'Amérique, riche et fastueuse, achève de la révolter contre la médiocrité de sa vie, sentiment qu'elle partage bientôt avec Ferdinand, ancien combattant, mutilé, devenu chômeur.Mais l'argent et la puissance mènent le monde, non pas l'amour. Devant le lent naufrage de l'Europe dans la barbarie, le couple s'enfonce dans une désespérance qui semble annoncer le suicide, en 1942, du grand écrivain autrichien, auteur d'Amok et de La Confusion des sentiments.

Reviews

Quand on lit Zweig, on ne peut rester insensible face à la force narrative de l'auteur. Ce roman posthume est un vrai petit chef d'oeuvre.A travers les personnages de Christine et Ferdinand, Zweig dépeint, à la manière de F.Scott Fitzgerald, la génération" perdue" de l'entre deux guerre, une jeunesse désenchantée, en rébellion contre les convenances bourgeoises et la médiocrité de leur vie qui se perd dans l'illusion de l'argent. La quête de sens existentielle est le thème central de l???uvre, où les deux héros tentent avec l'énergie du désespoir de mener une autre vie. Christine voit sa vie bouleversée par l'invitation de sa richissime tante américaine, se laisse enivrer par la beauté illusoire de la richesse. Emportée par une métamorphose trompeuse, l'ivresse a un goût amer quand sa condition sociale précaire refait surface. La chute est inévitable pour ses deux personnages tragiques. La fuite à travers la mort ou la clandestinité est inexorable.Tout au long de la lecture, le récit a une raisonnante étonnamment très contemporaine, où les aspirations de la jeunesse se voit détruite par la précarité sociale et économique. La désillusion emporte nos deux protagonistes.En conclusion, on reste toujours aussi bouleversé après la lecture d'un récit de Zweig, tant les émotions des personnages font échos à nos propres frustrations et désirs.